Le Coin de l'Information

Un blog d'information lié à la vitrine de produits biologiques www.hclbio.net

Archive for juillet, 2009


MDRGF Attaqué !

Le MDRGF est attaqué ! Soutenez nous !


Après la publication d’analyses de résidus de pesticides dans des raisins vendus en supermarchés (voir http://www.mdrgf.org/news/news241108_raisin_supermarche_pesticides.html ) on nous fait aujourd’hui un procès pour nous faire taire, comme aux Etats Unis ou au Canada des entreprises intentent des ‘poursuites baïllons’ contre leurs opposants depuis des années déjà !

Il est urgent de réagir ! C’est ce qu’on déjà fait plusieurs personnes regroupées dans une association de soutien : Ensemble pour les Générations Futures. Cette association a mis en ligne ce jour un site dédié au soutien au MDRGF :
http://www.generations-futures.org

Sur leur site http://www.generations-futures.org vous trouverez toutes les informations concernant ce procès et aussi comment faire pour nous soutenir. Vous y trouverez aussi les noms de ceux qui, de Jean Marie Pelt à Jacques Testard ou de Serge Orru à Pascal Husting ou Alain Bougrain Dubourg nous soutiennent déjà. Rejoignez les vite et signez et faites signer l’Appel à soutien sur le site http://www.generations-futures.org
L’ appel à soutien au MDRGF a reçu plus de 10 000 signatures en quelques jours !

Vous pouvez aussi signer la cyberaction sur la liberté d’expression à l’adresse :

http://www.cyberacteurs.org/actions/action.php?id=412

Vous pouvez aussi nous soutenir en adhérant ou en donnant au MDRGF . Renvoyez le bon d’adhésion ci dessous dès maintenant ou allez vite à la page soutien de notre site :

http://www.mdrgf.org/soutien1.html

A remplir et retourner accompagné de votre règlement a : MDRGF 40 rue de Malte 75011 Paris :

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J’adhère au MDRGF – Adhésion 2008/2009

montant de l’adhésion (cochez la case O):

25 Euros (adhésion de base) O

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Pour nous soutenir depuis notre site internet :
http://www.mdrgf.org/soutien1.html

Résidus de pesticides dans les aliments

Résidus de pesticides dans les aliments : la France obtient de mauvais résultats selon la dernière étude de l’EFSA !

le rapport sur le site de l'EFSA

Résidus de pesticides : nouvelles données européennes. Mauvais résultats pour la France !

L’EFSA vient de rendre public le nouveau rapport sur les résidus de pesticides dans les aliments dans l’Union Européenne. La France obtient de mauvais résultats !


Des données opaques! Pour la première fois, c’est l’EFSA (1) qui présente le rapport annuel sur les résidus de pesticides dans les aliments végétaux dans l’Union Européenne (auparavant celui-ci était réalisé par la DG Sanco (2) ). Ce rapport, basé sur l’analyse des données de 2007, a été rendu public à la veille d’un des plus grands départs en vacances de l’année, ce que le MDRGF regrette fortement. De plus, il se caractérise par une certaine opacité : ainsi on ne sait pas exactement quel pourcentage des échantillons analysés dans le cadre des plans de surveillance contiennent des résidus de pesticides et combien n’en contiennent pas !


Dépassements des limites au sein de l’UE. Les seuls chiffres clairs sont ceux montrant les dépassements des Limites Maximales en Résidus (LMR). Les dépassements des LMR semblent en léger recul au niveau communautaire en 2007 par rapport à 2006. Ainsi 4,19% des fruits et légumes dépassaient ces LMR en 2007 contre 4,7% en 2006.


France : dépassement des limites et multi-résidus … Dans ce contexte, la France fait figure de mauvais élève. Ainsi ce sont 7,6 % des fruits et légumes analysés en 2007 qui dépassaient les LMR (6% en 2006). Pour les céréales, l’EFSA indique que 8,16% des céréales analysées en France dépassaient ces LMR en 2007 (contre 1,37% pour l’UE) ! Pour mémoire ce n’étaient que 1% de ces mêmes céréales qui dépassaient les LMR en France en 2006 ! De même, si le pourcentage de fruits, légumes ou céréales contenant plusieurs résidus à la fois a légèrement diminué dans l’UE, en France le nombre d’échantillons contenant plusieurs résidus a fortement augmenté de 25,8% en 2006 à 32,75 % en 2007 !!


France : pourcentage de contamination et usages interdits. Pour pallier le manque de transparence du rapport de l’EFSA, le MDRGF rappelle que, selon la DGCCRF (3), ce sont en 2007, 52,1% des fruits et légumes analysés en France qui contenaient des résidus de pesticides (45% en 2006) et 52,5% des céréales. Le même rapport de la DGCCRF rappelle également la préoccupante augmentation du rôle joué par les usages interdits de produits dans les dépassements de LMR, la proportion des dépassements de LMR dus à des usages interdits de pesticides passant de 19,8% en 2006 à près 39% en 2007 !


« Dans ce rapport de l’EFSA, la France fait vraiment pâle figure avec des taux de dépassement de LMR très élevés et de nombreux multi-résidus. Face à cette contamination inquiétante de nos aliments par des pesticides, il est plus urgent que jamais de mettre en œuvre les décisions du Grenelle de l’environnement pour aboutir rapidement à une réduction de 50% de l’usage des pesticides… » déclare François Veillerette, Président du MDRGF.


1. European Food Safety Authority
2. Direction Générale de la Santé et de la Consommation
3. Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes –
Rapport 2007 sur les plans de surveillance et de contrôles des résidus de pesticides dans les denrées d’origine végétale

Pesticides : Les victimes s’organisent

Les victimes des pesticides s’organisent avec le MDRGF et HEAL pour faire reconnaître leurs maladies

l’action du MDRGF et de HEAL sur les victimes des pesticides mise en avant dans Le Monde…

Les victimes des pesticides s’organisent pour faire reconnaître leurs maladies


LE MONDE 17.07.09

Le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures vient de lancer un Réseau des victimes des pesticides. Cette association, qui milite depuis quinze ans pour une agriculture sans pesticides, est sollicitée par « de nombreux particuliers qui constatent qu’ils n’ont aucun moyen de se défendre contre les pulvérisations, la législation étant quasiment inexistante », explique François Veillerette, président du Mouvement.


Bertrand Pouchin est l’un d’entre eux. Lorsqu’il achète sa maison au milieu des champs de blé de la Beauce, en juillet 2004, il pense avoir gagné un « petit coin de paradis ». Il déchante vite. Un week-end, un énorme tracteur vient pulvériser des pesticides à l’odeur nauséabonde jusqu’à la haie qui sépare les champs de son jardin, où joue son petit garçon. Première confrontation, violente, avec le fermier. M. Pouchin fait appel au maire qui, dans un premier temps, temporise. « Le conseil municipal, composé de huit céréaliers sur onze élus, a fini par m’envoyer promener, raconte-t-il. Chez les gendarmes, même chose ! On m’a répondu que les agriculteurs étaient là avant moi, et qu’ils doivent travailler. » Il ne trouve donc personne pour constater l’infraction qui consiste à pulvériser ces produits même par vent de force 3, soit 19 km/h. « C’est pourtant fréquent dans la Beauce, premier parc éolien de France ! », observe M. Pouchin. « De mars à octobre, on vit un enfer !, poursuit-il. Les céréaliers déversent des herbicides, des insecticides, des fongicides, des hormones de croissance, des hormones de contrôle… »


En octobre 2008, Damien, son deuxième petit garçon, alors âgé de 3 ans, perd du poids, et les médecins diagnostiquent une hyperthyroïdie que M. Pouchin impute aux pesticides, considérés comme des perturbateurs endocriniens. « En guerre » contre cette pollution chimique, il lance des accusations dans la presse locale et reçoit des menaces de mort. Il s’estime pourtant légitimé dans son combat lorsque des « repentis » de l’agriculture intensive lui font part de leurs maladies et de leurs soupçons.


Agriculteur installé en Alsace, Patrick fait partie de ces « repentis ». Il a toujours utilisé les pesticides parce qu’on lui a « appris à le faire à l’école », mais le regrette depuis qu’il a développé la maladie de Parkinson, à l’âge de 35 ans. « On nous disait que les pesticides n’étaient pas nocifs, alors on les pulvérisait en short et en chemise…

Un jour, un tuyau a éclaté et j’ai été douché aux désherbants à l’intérieur de la cabine de mon tracteur. J’ai dû être hospitalisé après une forte fièvre. Huit ans plus tard, les tremblements ont commencé. J’estime que j’ai été empoisonné, mais la Mutualité sociale agricole refuse d’établir un lien entre les deux événements et de reconnaître qu’il s’agit d’une maladie professionnelle », explique-t-il. Patrick et Bertrand se sont retrouvés au sein du nouveau Réseau des victimes des pesticides.


Le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures réclame l’interdiction des pesticides en ville, dans les parcs, jardins et aires de jeux, « pour éviter que les enfants dont le ballon tombe sur la pelouse les touchent et les avalent ». Il demande aussi l’instauration de zones tampons (cultures bio ou pâturages), entre les habitations et les lieux de pulvérisation. Et, « pour que la législation soit respectée, il faut qu’elle soit assortie de sanctions pénales dissuasives », insiste M. Veillerette. Il souhaite que le gouvernement saisisse l’opportunité de la transposition d’une directive européenne encadrant l’usage des produits phytosanitaires pour introduire ces dispositions.


Le Mouvement espère aussi venir en aide aux victimes professionnelles, en les aidant à faire reconnaître leurs maladies, « ce qui n’a été le cas que d’un ou deux agriculteurs pour l’instant », selon M. Veillerette. « De nombreuses études épidémiologiques montrent que l’exposition aux pesticides augmente les risques de cancers, de troubles de la reproduction et de maladies neuro-dégénératives », rappelle-t-il.


L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) vient ainsi de confirmer, le 16 juin, qu’elle double le risque de survenue de la maladie de Parkinson chez les agriculteurs. « Nos adversaires répondent qu’on ne peut rien prouver, qu’on n’a jamais établi de lien de causalité entre l’exposition et la maladie, s’indigne M. Veillerette. Le fait de briser la loi du silence devrait les faire reculer. » Comme cela a été le cas pour l’amiante.

Sur le Web : Pesticidescancer.eu

Rafaële Rivais

Le pain au levain

ou une façon différente de faire le pain

et de l’appréhender.

Quand on pratique la panification classique c’est relativement simple : il faut tant de farine pour tant d’eau et tant de levure de bière (levure dite de boulanger).

Pourquoi alors se compliquer la vie ?

Déjà, un pain au levain est nettement plus sain et digeste qu’un pain à la levure. Qui plus est, le pain au levain contient des probiotiques, tels les bifidobactéries et les lactobacilles, qui renforcent le système immunitaire en normalisant la fonction intestinale. Point besoin, dès lors, de chercher dans les alicaments plus ou moins fiables dont les publicités nous inondent depuis quelques années.

Il y a également d’autres raisons de faire son pain soi-même. Parmi ces raison, notons le plaisir que cela peut procurer – en effet, j’ai pu remarquer que faire mon pain est un formidable déstressant qui a, en outre, l’intérêt de m’obliger à ne pas courir partout étant donné l’attention tranquille qu’il nécessite – ainsi que la réelle connaissance de ce que l’on mange étant directement responsable des ingrédients que l’on choisit pour le préparer. Et puis, il y a aussi l’argument déterminant, selon moi : la possibilité de varier à l’infini et d’avoir toujours exactement la composition ou le goût recherché. A ce sujet, quelques exemples vous seront proposés plus loin.

Le levain

Il existe, bien entendu, différentes manières de préparer un levain. L’une d’elle – et sans conteste la plus appréciée et préparée – est le « levain chef », et c’est celui-ci que nous allons développer ici !

Il y a plusieurs étapes à respecter pour la première « création » de votre levain.

Certes, la première fois est un peu plus longue et fastidieuses, mais le temps et l’habitude vous démontrera la réelle facilité de cette méthode qui, en plus, vous apportera au fil du temps un levain d’une qualité et d’une efficacité sans commune mesure avec la levure de bière.

Donc, pour votre premier levain, il va vous falloir un bocal de verre ou un récipient haut et transparent d’une contenance d’au moins un litre et demi pour prévenir la montée de la préparation, une fourchette, une balance, une terrine ou un petit saladier de verre ou de terre cuite, une serviette… et cinq jours de temps.

Quand vous êtes prêt à vous lancer, versez dans le bocal cent grammes de farine, deux cents grammes d’eau et une bonne cuillère à soupe de miel qui, en fermentant, transformera petit à petit votre mélange en cette petite merveille qu’est le levain !

Je ne saurais trop vous conseiller d’user d’une eau de source, d’un miel « toutes fleurs » figé ou finement cristallisé, et d’une farine complète (de préférence de la farine de Grand Épeautre).

Mélangez bien à la fourchette jusqu’à ce que tout soit bien dilué et homogène. N’hésitez pas à faire mousser un peu car cela aérera la préparation et améliorera sa qualité.

Couvrez le bocal d’une serviette ou d’un chiffon pour que rien n’y rentre ou n’y tombe et laissez le tout dans un endroit tempéré (20 – 25°C) et indirectement éclairé (pas au soleil ou en bord de fenêtre).

Dans les trois jours qui vont suivre, mélangez régulièrement le mélange à la fourchette, entre deux et trois fois par jour. Il se pourrait qu’une mousse épaisse et semi-solide se forme ou que la préparation prenne du volume jusqu’à tenter de déborder. Ne vous en inquiétez pas : c’est normal ! En fait, cette réaction est même un très bon signe : celui d’un travail complet du levain en devenir.

Dans ces conditions, et lors du touillage, faites retomber la mousse et redonnez un aspect homogène au mélange.

Pesez votre saladier et notez son poids.

Les trois jours passé, versez la préparation dans une terrine assez grande et nourrissez le de quelques gouttes d’eau de source et de farine. Continuez à mélanger à la fourchette jusqu’à obtenir une pâte proche de la consistance de la pâte à beignet, soit fluide et épaisse.

Reversez quelques gouttes d’eau sur la pâte et bougez la terrine pour qu’elle se répartisse bien, puis parsemez une légère pluie de farine sur le tout avant de couvrir avec une serviette.

Si vous utilisez un récipient transparent, je vous conseille de le placer dans un placard.

Durant les deux jours à venir, nourrissez à nouveau votre levain deux fois par jour sans le remuer, juste en ajoutant quelques gouttes d’eau et une fine pluie de farine comme indiqué ci-dessus.

En principe, il devrait prendre encore un peu de volume.

Vous allez maintenant pouvoir confectionner votre pâte à pain.

Pour cela, le poids réalisé sera toujours fonction du poids de votre levain !

Pesez donc votre récipient de levain et déduisez-en le poids à vide, noté quelques jours plus tôt.

Ce poids de levain sera généralement le quart du poids total de pain réalisé, à peu de chose prêt.

En principe, un pain au levain de compose d’une dose de levain, pour une dose d’eau de coulage, et deux doses de farine.

Dans la pratique, vous pouvez mettre plus de levain que la dose indiquée, mais en réduisant la dose d’eau, ce qui aura toutefois pour conséquence prévisible d’acidifier le goût de votre futur pain.

Donc, par exemple, si vous avez réalisé deux cents grammes de levain, vous y mélangerez deux cents grammes d’eau de coulage et quatre cents grammes de farine.

L’eau de coulage est en fait le liquide que vous allez utiliser pour faire votre pain. Ce liquide sera toujours salé, au moins un peu, pour que la levée se fasse correctement. Cette eau de coulage peut être de l’eau de source, de l’eau du robinet (quoique celle-ci n’aide pas la levée, loin s’en faut), ou si vous pouvez vous en procurer du petit lait frais de chèvre (Celui-ci est si riche en vitamines qu’il ne peut qu’améliorer les apports de votre pain. En outre, il aide votre pâtre à travailler, la rend plus aisée à façonner et malaxer, et à tendance à atténuer de manière non négligeable l’acidité du à l’usage du levain – bien qu’il existe d’autres méthodes pour cela…). L’eau de cuisson des pommes de terres est également un excellent choix.

Les températures aussi sont désormais importantes.

En pratique on calcule la somme des températures du local + de la farine + de l’eau de coulage.

Le total doit faire 66°C en hiver et 75°C en été, pour une panification optimale.

Comme l’on peut difficilement influer sur la température de la pièce (qui se voudra au possible exempte de courant-d’airs) on jouera sur celle de l’eau de coulage qui pourra être augmentée ou réduite en plaçant son contenant dans un bain marie chaud ou froid selon le cas. Ainsi, un thermomètre de cuisine est un achat envisageable pour se simplifier la vie si l’on prend l’habitude de confectionner son propre pain.

Cette méthode à toutefois ses limites car, si la pièce et la farine étaient à 15°C chacune, il faudrait chauffer l’eau à 40°C, ce qui serait trop. D’autre part, la pâte refroidirait bien trop vite. En conclusion, il est important de veiller à ce que la pièce choisie pour faire son pain ait une température au moins égale à 18°C, et si possible, au moins 20.

« Le pétrissage fait souvent peur aux candidats boulangers. Il n’est pourtant ni aussi fastidieux ni aussi fatiguant qu’on le croit.

Il a une triple fonction :

1) le mélange intime de tous les ingrédients, ce qui est indispensable à une bonne levée et à l’homogénéité du pain ;

2) l’humidification en profondeur des particules de farine, ce qui permet aux éléments constitutifs de gluten (gliadine et gluénine) de gonfler et de former un véritable réseau, qui emprisonnera les bulles de gaz carbonique formées lors de la fermentation ;

3) l’incorporation de l’air dans la pâte. » (Les Pains des Quatre Saisons, Terre Vivantes, page 23.)

L’aspect technique le plus compliqué étant terminé, passons maintenant à la méthode de pétrissage la plus efficace et la moins fatiguante.

Confection et Pétrissage

Pesez d’abord votre farine (ou votre mélange) et placez là dans un grand saladier. Versez dessus votre levain, puis répartissez l’eau de coulage un peu partout.

À l’aide d’une cuillère en bois, mélangez bien le tout jusqu’à ce que la pâte vous soit trop lourde.

Versez là alors sur votre plan de travail et commencez à la malaxer comme suit :

« Lorsque la pâte ne colle plus beaucoup aux doigts, l’allonger en un gros boudin. Ensuite, planter la quatre doigts serrés et allongés (ne pas y mettre le pouce) dans la pâte et tirer sur soi.

Rabattre ensuite la partie tirée sur le boudin et continuer ainsi sur toute la longueur. Le boudin à tendance à s’allonger. On peut alors replier les extrémités sur le milieu. On travaille ainsi jusqu’à ce que la pâte soit suffisamment élastique et aérée. On peut contrôler l’aération de la pâte en coupant la pâte avec un couteau. On voit ainsi la quantité et la grosseur des trous dans la pâte. Tout en travaillant, on ajouter de la farine si nécessaire. On peut retravailler un peu pour reformer le boudin, si besoin est. » (Les Pains des Quatre Saisons, Terre Vivantes, page 38.)

Personnellement, j’écoute la pâte respirer. Quand elle commence à souffler, je presse légèrement le pouce sur la boule, qui doit reprendre sa position approximativement. Ainsi j’acquiers à la fois la certitude d’une bonne aération et d’une élasticité satisfaisante. L’opération prend généralement entre dix et quinze minute, mais ne dois jamais dépasser ce temps, sans quoi vous risquez de déchirer votre pâte et tout ce travail aura été vain.

Remettez alors votre boule de pâte dans le saladier et couvrez le de la serviette.

Laissez gonfler pendant trois heures à l’abri des courant-d’airs.

Remettez la boule gonflée sur votre plan de travail et écrasez là violemment pour qu’elle retombe rapidement. Coupez en un morceau que vous mettrez dans un petit bocal de verre au bas de votre réfrigérateur. Ce sera votre pâton pour le prochain levain. Celui-ci se garde quatre à cinq jours dans ces conditions. Vous pouvez allonger ce temps à dix ou douze jours en le couvrant d’eau de source après deux jours et en la changeant quatre jours plus tard (il n’en sera que plus facile à retravailler).

Si vous voulez ajouter des graines ou quelque ingrédient que ce soit dans votre pain, vous pouvez maintenant retravailler votre pâte avec cela jusqu’à ce que le tout soit bien intégrer.

Vous pouvez désormais préparer la seconde levée. Je ne saurais trop vous conseiller de placer directement votre pain sur la plaque à four ou dans le récipient de moulage de votre choix avant de laisser à nouveau se faire la levée, sans quoi vous risquez fortement de voir retomber le fruit de votre ouvrage.

Avec le couteau, incisez au tiers votre futur pain sur la longueur ou en épis régulièrement espacés.

Couvrez à nouveau de votre serviette et attendez au moins deux heures, l’idéal étant trois. Vous pouvez également laissez passer la nuit en plaçant le tout dans un endroit un peu plus frais, mais toujours sans courant d’air. Toutefois, vous risquez de laisser ce développer de l’acidité, surtout si vous utilisez une eau de coulage trop simple (nature).

Viendra alors le temps de la cuisson. Alors là, tout dépend du type de four utilisé et de la taille de votre pain. Des essais seront donc indispensables, et ce n’est qu’après deux ou trois pains que vous pourrez vraiment décider de ces critères en fonction de votre matériel.

Pour ma part, j’utilise un des accessoires les plus courants qui soit : un petit four électrique tout ce qu’il y a de plus banal. Avec celui ci, je préchauffe à 240°C et enfourne dix minutes à cette température avant de baisser le four à 180°C. Mes cuissons oscillent entre trente et soixante dix minutes, fonction de la taille du pain et de sa composition.

Il est important également d’avoir dans le four un récipient d’eau assez volumineux. Une boite de conserve remplie d’eau fait très bien l’effet en règle générale.

Pensez également à humidifier une ou deux fois la croute de votre pain pendant la cuisson afin qu’elle ne sèche pas trop ou ne soit pas trop épaisse.

Il ne vous reste plus qu’à patienter le temps que le pain refroidisse au moins un peu avant de pouvoir déguster votre création.

Côté farine

Il existe un code de dénomination pour savoir quel type de farine l’on utilise. Comme partout, les avis divergent sur la qualité de ces farines.

Type

Appellations courantes

Taux d’extraction (quantité de farine obtenue avec 100 kg de blé)

Teneur en minéraux (%)

45

Farine de pâtisserie

67

Moins de 0,50

55

Farine blanche

75

0,50 à 0,60

65

Farine blanche / bise

78

0,62 à 0,75

80

Farine bise

80 – 85

0,75 à 0,90

110

Farine bise / complète

85 – 90

1 à 1,20

130

Farine complète

1,20 à 1,40

150

Farine complète / intégrale

90 – 98

Plus de 1,40

Vous pouvez trouver nombre de graines moulues en farines de tous types. Toutefois, les plus courantes et les plus intéressantes à la panification classique sont le blé, le grand épeautre, le seigle et le sarrasin. La farine de Kamut est également très intéressante en cela qu’elle aide à faire gonfler la pâte sous condition de ne pas dépasser un quart du poids de celle-ci, sans quoi elle aura tendance à avoir l’effet inverse. En outre, elle dégage une agréable odeur beurre-noisette qui laisse un agréable goût au pain.

Plus votre farine utilisée sera complète, plus votre pain se conservera. Pour vous donner une idée. Un pain blanc se conserve trois ou quatre jours avant de durcir et de devenir impossible à mastiquer, tandis qu’un pain complet (T110-T130) vous tiendra jusqu’à dix jours sans réellement durcir, et ne séchant que si mal conservé (en cela, gardez le deux jours dans un chiffon à l’air libre, puis placez le alternativement chaque jour dans un sachet ou à l’air). Qui plus est, une tranche de pain complet au levain, placée à l’air libre mettra plus d’une journée et demi avant de commencer à sécher de manière signification.

Bien entendu, un pain complet et bien meilleur pour la digestion et la flore intestinale. De plus, un produit complet nettoie l’intestin et en élimine les mauvaises graisses qui ne se fixeront plus, dès lors, aux endroits disgracieux de votre anatomie.

Réutiliser son levain

Plus un levain est âgé, meilleur il est. Mais il faut l’utiliser et l’entretenir régulièrement et comme il se doit.

À partir de la seconde utilisation, il vous suffira de le réactiver la veille de votre panification. Pour cela, c’est très simple : délayez le dans l’eau (s’il ne l’est pas déjà par le trempage effectué pour le conserver). Ajouter farine et eau de source pour lui redonner cette consistance de pâte à beignet et nourrissez le comme la première fois. Couvrez votre récipient, mettez le à l’abri de la lumière et nourrissez le encore une ou deux fois selon comment il travaille. Ne le gavez pas non plus ce serait dommage.

Une seconde option, qui le maintient encore plus facilement et lui donne une meilleure levée, est de rajouter une petite noisette de miel au moment du mélange, puis de remuer à la fourchette toutes les 12 heures environs au moment du nourrissage…

Procédez alors comme expliqué plus haut pour réaliser votre pain.

Une petite idée de dosage

Pour un levain de 450g, utilisez 150g de Kamut T110, 250g de seigle T130 et 500g d’épeautre T110.

Une cuillère et demi à soupe bombée de sel fin de Guérande suffisent à assaisonner 450g de petit lait de chèvre, mais il faudra en compter deux pour l’usage de l’eau. Prévoyez alors également une cuillère à soupe d’huile d’olive pour enrichir un peu une eau plate. Pour rendre votre pain encore plus digeste, vous pouvez ajouter à la farine un bouchon de carvi fraichement mixé, ainsi que deux poignées de graines de courges mixées pour adoucir son goût.

Pour conclure

Encore un petit conseil pour que votre levain vous dure très longtemps. Quand vous le réactiverez, si vous utilisez toujours la même farine, il va s’affaiblir au lieu de se renforcer. Pour cela, bien que l’épeautre complète soit le meilleur choix, deux fois sur cinq environs, changez pour du seigle complet. Utiliser uniquement du seigle acidifierait également à outrance vos futurs pain.

Irradiation des Aliments

Une législation trop fragile

Deux directives européennes (1999/2/CE et 1999/3/CE) déterminent la liste de produits dont l’irradiation est autorisée (les herbes aromatiques, les épices, les condiments) et l’obligation d’étiquetage.

La France, comme 7 autres pays de l’Union européenne, a obtenu des dérogations concernant la liste des produits autorisés. Ces directives ont été transposées en droit français par décret (no 2001-1097 du 16 novembre 2001).

En conséquence, il est légal en France d’irradier et de proposer à la vente les produits suivants :

les herbes aromatiques,

les épices,

les condiments,

l’oignon,

l’ail,

l’échalotte,

les légumes et fruits secs,

les flocons et germes de céréales pour produits laitiers,

la farine de riz,

la gomme arabique,

la volaille,

les cuisses de grenouilles congelées,

le sang séché et le plasma,

les crevettes,

l’ovalbumine (additif alimentaire),

la caséine et les caséinates (additifs alimentaires).

Ainsi, par exemple, il est autorisé de commercialiser des légumes et des fruits secs irradiés, mais pas des fruits et légumes frais.

Les produits irradiés doivent être étiquetés  » traité par ionisation » ou  » traité par rayonnement ionisant ».

Des contrôles très largement insuffisants

On ne peut pas détecter les aliments irradiés à l’œil nu. L’étiquetage obligatoire (mention « traité par ionisation »  ou « traité par rayonnements ionisants ») est le seul moyen pour le consommateur de savoir si le produit est irradié ou non. La Commission européenne (CE) publie chaque année un rapport sur le « traitement des denrées alimentaires par ionisation » à partir des données que chaque Etat membre est censé communiquer, d’une part sur les volumes et produits irradiés dans le pays concerné, d’autre part sur les contrôles réalisés au niveau de la commercialisation. Sur dix Etats membres qui disposaient en 2005 d’unités d’irradiation agréées, huit (à l’exception de l’Espagne et l’Italie, pourtant gros producteurs de fruits et légumes) ont communiqué les informations demandées sur les quantités de produits traités et les doses appliquées, pour un total d’environ 15 000 tonnes de produits irradiés. Concernant les contrôles au stade de la commercialisation, seuls seize Etats ont déclaré avoir procédé à des contrôles, 4% des échantillons en moyenne ayant été irradiés illégalement et/ou n’étant pas étiquetés correctement, un chiffre en forte progression depuis 2001. En définitive, il n’est possible de connaître ni la quantité exacte de denrées alimentaires irradiées, ni le volume des aliments irradiés effectivement commercialisés au sein de l’Union. Malgré les rappels à l’ordre de la Commission européenne, les contrôles restent très laxistes dans de nombreux pays. Il est clair que les consommateurs ne peuvent pas vraiment savoir s’ils mangent des aliments irradiés ou non. La situation en France est inquiétante. Avec plus de 3100 tonnes en 2005, la France est le 3ème pays de l’UE à traiter des aliments par irradiation. Au niveau de la commercialisation, seuls 105 échantillons y ont été analysés en 2006, dont 10% étaient frauduleux.

Labels et signes de qualité

Il existe un label pour désigner les produits irradiés, le « radura », mais il est peu utilisé en France.

L’ionisation par rayonnements gamma n’étant pas autorisée en agriculture biologique, le label AB est le seul label garantissant en principe que les produits ainsi labellisés ne sont pas irradiés (ce qui ne signifie pas que seuls les produits labellisés AB ne sont pas irradiés !).

Des mentions comme Nature & Progrès ou Demeter, dont le cahier des charges est plus strict que le label AB sur certains critères, apportent une garantie supplémentaire.

Quelques principes essentiels

Vérifier l’étiquetage : les produits et ingrédients irradiés doivent porter les mentions « traité par ionisation » ou traité par « rayonnement ionisant ». Dans la mesure où il n’existe quasiment aucun contrôle des produits commercialisés en France sur le critère de l’irradiation, il est recommandé de privilégier :

les fruits et légumes de saison,

les produits locaux,

les achats directs au producteur, à la ferme, sur le marché, dans des AMAPÂ…

les produits issus de l’agriculture biologique (pour lesquels l’irradiation n’est pas autorisée) (voir notre guide conso) N’hésitez pas aussi à questionner les commerçants et producteurs auxquels vous achetez vos produits, ou les restaurants que vous fréquentez.

Pour en savoir plus

http://www.irradiation-aliments.org/

N’obscurcissez pas l’avenir, il l’est déjà suffisamment.
Mais peut-être faut-il lancer un appel : aux semences, citoyens !
Raoul Jacquin
Ce communiqué est consultable sur le site

http://www.irradiation-aliments.orghttp://www.kokopelli.asso.fr/index.html

pourrait se dédire et amender la loi (Nathalie Kosciusko-Morizet)

http://www.terre-net.fr/actualite-agricole/politique-syndicalisme/article-205-45855.html

Femmes enceintes et pesticides

Femmes enceintes exposées aux pesticides = Perturbation ultérieure du développement des fonctions reproductrices chez les garçons qu’elles portent, selon une nouvelle étude danoise.

Perturbation du développement des fonctions reproductrices chez les garçons dont les mères sont exposées aux pesticides pendant la grossesse. Une nouvelle étude danoise montre que les garçons dont les mères travaillent dans des serres où on utilise des pesticides pendant leur grossesse ont un développement des fonctions reproductrices perturbé.

Cette étude, conduite par le professeur Andersen (Institut de Santé Publique, University of Southern Denmark) et ses collègues, a étudié le développement des fonctions reproductrices des garçons de plus de 110 paires mères/fils, selon que les mères avaient travaillé ou non dans des serres pendant leur grossesse.

A l’âge de trois mois ont été mesurés la position et le volume des testicules, la longueur du pénis, la position de l’urètre ainsi que la concentration sérique des hormones sexuelles.

Résultats :

La prévalence du cryptorchidisme (testicules non descendus) était plus importante chez les garçons des mères exposées aux pesticides dans les serres que chez les garçons des mères non exposées.

De plus, les garçons dont les mamans avaient été exposées dans les serres montraient une longueur du pénis inférieure à ceux dont les mères n’avaient pas été exposées.

Le volume testiculaire et la concentration sérique en testostérone étaient inférieurs chez ces mêmes garçons.

Pour les auteurs, ces résultats suggèrent un effet négatif de l’usage professionnel des pesticides par les mères pendant la grossesse sur le développement des fonctions de reproduction chez leurs garçons, malgré les précautions d’utilisation prises.

Voir l’étude complète à l’adresse : ‘,’Femmes enceintes et pesticides : attention, danger !

Kokopelli lourdement condamnée !

Les verdicts sont tombés, l’Association Kokopelli est lourdement condamnée :

  • 12.000 € pour le grainetier Baumaux
  • 23.000 € pour l’état et la fédération des industriels de la semence (FNPSPF).


Il faut être réaliste : les semences que défend l’association Kokopelli, étant maintenues dans l’illégalité par une volonté politique, nous ne pouvions pas gagner ces procès.

Malgré les directives européennes, les avis de l’ONU, du Sénat, de scientifiques, d’agronomes affirmant l’urgence de sauvegarder la biodiversité végétale alimentaire, l’état français refuse de libérer l’accès aux semences anciennes pour tout un chacun.C’est ce qui permet aujourd’hui aux magistrats d’infliger ces lourdes peines à l’association Kokopelli.

Kokopelli : biodiversité, la fin des illusions

Dans le cas du procès de la SAS Baumaux pour concurrence déloyale, M. Baumaux verra donc son bénéfice de 800.000 € augmenté de 10.000 € et recevra 2.000 € pour ses frais.

L’état français recevra 17.500 € au motif que KOKOPELLI vend des semences illégales, 5.000 € seront consacrés aux frais et à l’information du bon peuple sur les pratiques dangereuses de l’association KOKOPELLI. Les semences qui ont nourri nos grands-parents et qui servent à nous nourrir aujourd’hui par le jeu des croisements, sont donc devenues illégales et dangereuses.

Nous avons eu droit au grenelle de l’environnement : il faut sauver la biodiversité ! alors pourquoi condamner une association qui sauvegarde avec ses adhérents et ses sympathisants, plus de 2500 variétés en risque de disparition ? Pourquoi condamner ces semences dont la FAO reconnaît qu’elles sont une des solutions pour assurer la souveraineté alimentaire, face aux dérèglements climatiques et à l’augmentation de la population mondiale ? Pourquoi les mêmes variétés, selon qu’elles sont vendues par KOKOPELLI ou d’autres opérateurs entraînent condamnation ou mansuétude ? Pourquoi les grandes surfaces vendent des fruits et légumes issus des variétés interdites à KOKOPELLI, en toute impunité (en tout cas à notre connaissance).

Les condamnations infligées à KOKOPELLI ne sont donc pas à chercher dans la nature des semences que protège l’association, mais dans ses actions.

L’association propose aux jardiniers, aux paysans, d’être autonomes et responsables, face au vivant. Dans notre société du tout marchandise, c’est intolérable. Le plus grand grief (sous jacent) fait aux semences anciennes ou de pays, est d’être reproductibles et qui plus est adaptables à de très nombreuses conditions de cultures, sans le soutien de l’agro chimie. Voilà la faute de KOKOPELLI : conserver le levain des savoirs populaires, agronomiques et génétiques. A l’heure où l’on veut nous faire croire que le tout hybride, OGM, chimique, énergie fossile, sont les seules possibilités d’assurer notre alimentation, propager l’autonomie semencière par l’exemple est devenu répréhensible. Ce qu’il faut retenir de ces condamnations, c’est la volonté affichée d ‘éradiquer les alternatives techniques et semencières autonomes.

Depuis 15 ans, KOKOPELLI protège la diversité de nos jardins, de nos champs, de nos assiettes, tout en essayant de faire évoluer le cadre juridique vers une reconnaissance de la valeur agronomique et culturelle des variétés reproductibles : L’ÉTAT FRANÇAIS NOUS A FAIT ÉCHOUER. Aujourd’hui, la disparition potentielle de KOKOPELLI ouvre un boulevard à l’uniformisation culturelle et productiviste agricole. La disparition de la « vraie » biodiversité basée sur la variabilité génétique d’une multitude de variétés locales ne sera jamais, et de très loin, compensée par la multiplicité de quelques variétés clonées.

Il est intéressant de noter la similitude des actions et de la répression envers les faucheurs volontaires, les amis de l’ortie, les défenseurs de l’herboristerie et KOKOPELLI : chacun cherche à sa façon, à protéger et promouvoir la vie et la continuité des savoirs. Pour notre gouvernement, tout cela est devenu répréhensible ! Face à ses contradictions, entre ses déclarations enflammées du Grenelle de l’Environnement et les condamnations qu’il obtient contre les défenseurs de la biodiversité, gageons que l’état français mettra un point d’honneur à prendre en réelle considération le devenir des générations futures.

L’association KOKOPELLI a toujours proposé la résistance fertile non violente et le dialogue, peut-être étions-nous trop en avance ? Mais maintenant, sauver la biodiversité est d’une extrême urgence. Si l’agriculture productiviste que protège le gouvernement se trompe, vous trompe, nous trompe, quelle stratégie de repli aurons-nous ? Si nos élus ont contribué à éradiquer notre patrimoine semencier alimentaire ?
La solution est dans votre camp, mesdames et messieurs nos gouvernants. Une fois, vous avez pu revendiquer « responsables, mais pas coupables ». Devant la faim du peuple, cet argument ne tient pas.

L’État envisage de se dédire pour éviter à l’association Kokopelli, qui vend et défend les semences anciennes, d’avoir à payer la totalité des amendes auxquelles elle est condamnée, a indiqué mercredi la secrétaire d’État à l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet.

Le sort de Kokopelli, basée à Alès (Gard) et condamnée mardi en appel à 23.000 euros d’amendes pour avoir commercialisé des semences « non inscrites dans le catalogue officiel », a affleuré lors du débat sur les OGM au Sénat. « J’ai dit clairement qu’il fallait réfléchir à un éventuel dédit de l’État, pour que l’association n’ait pas à payer et surtout à un amendement pour régler le problème », a expliqué Mme Kosciusko-Morizet à l’AFP. « Nous en avons discuté avec Jean-louis Borloo ».

« L’association Kokopelli participe à la préservation de la biodiversité, du patrimoine et des semences anciennes: c’est intéressant, mais de ce point de vue notre droit est mal fait », a-t-elle estimé. S’il est techniquement impossible d’introduire un amendement en ce sens dans la loi sur les organismes génétiquement modifiés, « on va voir comment faire quelque chose » dans la loi concernant le Grenelle de l’environnement, a-t-elle ajouté.

Selon les minutes des débats rapportées au Journal Officiel, Mme Kosciusko-Morizet a estimé mardi soir devant le Sénat que l’association, en préservant des variétés anciennes, « remplit une mission de service public et que sa condamnation pose problème. Nous travaillons à une éventuelle évolution législative pour sortir de cette situation absurde ». A son tour, M. Borloo a reconnu qu’il y avait « indiscutablement un problème à traiter en liaison avec le ministre de l’Agriculture ».

Kokopelli a vu sa condamnation confirmée en appel mardi par la Cour de Cassation et devra verser 23.000 euros au total aux différentes parties civiles, dont l’État et la Fédération nationale des professionnels des semences potagères et florales (FNPSP).

L’association, dont le nom est tiré d’une légende amérindienne (le chant du maïs), était poursuivie pour « mise sur le marché de variétés non inscrites dans le catalogue officiel des espèces et des variétés », géré par le Groupement national interprofessionnel des semences (GNIS).

Inscrire au catalogue les quelque 2.500 variétés potagères et florales répertoriées par Kokopelli « coûterait plusieurs millions d’euros », fait valoir l’association.

Source : AFP

Contribution de l’alimentation à l’exposition des enfants des villes aux pesticides

Contribution de l’alimentation à l’exposition des enfants des villes aux pesticides : la preuve par le  « bio »  ?

Publié le 22/01/2008

Journal d’information médicale

Dr Claudine Goldgewicht

Dosages des métabolites urinaires de pesticides à l’appui, une étude menée aux états-Unis, a évalué, au cours des quatre saisons, l’exposition aux pesticides organophosphorés via l’alimentation conventionnelle chez des enfants habitant en milieu urbain ou sub-urbain, à Seattle ou dans sa banlieue, en incluant une période de passage à une alimentation « bio ».

Cette étude, menée de 2003 à 2004, a porté initialement sur 23 enfants âgés de 3 à 11 ans, vivant dans un environnement sans utilisation domestique de pesticides avant et pendant l’étude.

Ces enfants, recrutés dans trois écoles, ont eu une alimentation conventionnelle au cours de l’année d’étude, sauf cinq jours consécutifs durant, en été et en automne,  où ils ont consommé des fruits, jus de fruits et légumes « bio », correspondant à ceux, « non-bio », consommés auparavant.

Au cours de l’année d’étude, les métabolites du malathion, du chlorpyrifos et d’autres pesticides organophosphorés ont été dosés sur des prélèvements effectués deux fois par jour sur une période de 7 jours consécutifs en hiver et au printemps, 12 jours consécutifs en automne, et 15 en été. Au total, 724 échantillons urinaires ont été recueillis en été, 516 en automne, 260 en hiver et 257 au printemps, et adressés pour dosages aux Centers for Disease Control and Prevention (CDC), et l’analyse finale a porté sur 19 enfants, pour lesquels le protocole de recueil urinaire avait été suivi.

La fréquence de détection urinaire variait selon les métabolites ; le métabolite du chlorpyrifos avait le taux de détection le plus élevé (91 %), venait ensuite celui du malathion (66 %), les taux des autres métabolites organophosphorés se situant entre 9 et 25 %.

Au bout des cinq jours de substitution des fruits et légumes conventionnels par des fruits et légumes « bio », les résultats montrent, que l’intervention ait eu lieu en été ou en automne, une réduction des concentrations médianes des métabolites du malathion et du chlorpyrifos, concentrations devenues alors non détectables ou quasi non détectables.

Puis, dès que les enfants ont repris une alimentation conventionnelle, les concentrations urinaires des métabolites sont revenues à leurs niveaux des jours précédant l’introduction des aliments « bio ».

Les résultats montrent aussi le rôle de la saisonnalité, correspondant à la consommation de fruits et légumes frais, seul facteur contributif aux niveaux urinaires des métabolites du malathion et du chlorpyrifos mis en évidence dans cette étude.Dans un contexte où la plupart des études publiées ont porté leur attention sur l’exposition aux pesticides des enfants vivant dans des environnements agricoles, cette étude, longitudinale, qui a évalué l’exposition aux pesticides organophosphorés d’enfants d’une ville, Seattle, en répétant les dosages urinaires des métabolites spécifiques, montre que la principale source d’exposition des enfants de cette étude à ces polluants est l’alimentation.

Les auteurs précisent que leur intention n’est pas de prôner la limitation des produits frais, et rappellent l’importance des mesures diététiques, consommation de fruits et légumes incluses, dans la prévention notamment de l’obésité et du diabète dont les prévalences vont croissant.

Ils soulignent que leur propos n’est pas de promouvoir la consommation de produits « bio », « bien que », disent-ils, « nos données démontrent clairement que les aliments cultivés « bio » contiennent bien moins de résidus de pesticides ».

Ils s’interrogent, sans certitude, sur les effets délétères des niveaux d’exposition aux pesticides relevés dans cette étude et concluent sur la nécessité d’efforts de recherche supplémentaires dédiés aux relations entre expositions aux pesticides et effets sanitaires chez l’enfant.

Vous pouvez trouver l’étude originale :

Lu C et coll. :  Dietary intake and its contribution to longitudinal organophosphorus pesticide exposure in urban/suburban children.

Environ Health Perspect, 15 janvier 2008.A l’adresse :

http://www.ehponline.org/members/2008/10912/10912.pdf

Cette nouvelle publication s’ajoute à d’autres travaux réalisés ces dernières années que le MDRGF avait déjà diffusés et qui tiraient les mêmes conclusions.

Voir par exemple :

http://www.pesticides-etudes.mdrgf.org/2003_02_01_lespesticides_archive.html